Un comprimé de minoxidil à libération prolongée, le VDPHL01 du laboratoire américain Veradermics, a atteint tous ses objectifs dans un essai de phase 3 mené chez des hommes atteints de calvitie légère à modérée, selon les résultats annoncés le 19 octobre 2026.
- Essai « 304 » : 536 hommes, un comprimé une ou deux fois par jour contre un placebo pendant six mois.
- Gain moyen de 28,6 à 36,4 cheveux par cm² dans la zone mesurée, contre 6,6 sous placebo.
- Pas d’effet indésirable grave lié au traitement ; œdèmes et pilosité accrue chez une minorité.
- Le produit n’est autorisé nulle part : aucune demande d’autorisation n’est encore datée.
Plan de l'article
De quel traitement parle-t-on ? #
Le VDPHL01 n’est pas une molécule nouvelle. C’est du minoxidil, le principe actif des lotions antichute vendues en pharmacie depuis des décennies, présenté ici sous forme de comprimé. Sa particularité tient à sa formulation : une matrice de gel qui libère le produit lentement et régulièrement au fil de la journée.
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D’après le communiqué publié par Veradermics le 19 octobre, cette libération étalée évite les pics de concentration du minoxidil oral classique, à libération immédiate. Le traitement est non hormonal, ce qui le distingue du finastéride, l’autre grande option contre l’alopécie androgénétique.
Que montre l’essai de phase 3 ? #
L’étude « 304 » est randomisée, en double aveugle, contre placebo. Elle a inclus 536 hommes répartis en trois groupes : 8,5 mg une fois par jour, 8,5 mg deux fois par jour, ou un comprimé sans principe actif. Les résultats publiés portent sur les six premiers mois.
Le premier critère est le nombre de cheveux terminaux, c’est-à-dire épais et pigmentés, comptés sur une zone cible du cuir chevelu. Il a augmenté en moyenne de 28,6 cheveux par cm² avec une prise quotidienne et de 36,4 avec deux prises, contre 6,6 dans le groupe placebo.
Le second critère est le ressenti des participants. Parmi eux, 55,7 % (une prise) et 68,7 % (deux prises) ont jugé leur couverture capillaire « améliorée » ou « très améliorée », contre 15,0 % sous placebo. Le laboratoire indique aussi un écart net avec le placebo dès le deuxième mois, premier point de mesure.
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Quels effets indésirables ont été relevés ? #
Le communiqué ne signale aucun effet indésirable grave lié au traitement, ni d’événement d’origine cardiaque, point surveillé de près puisque le minoxidil est à l’origine un médicament contre l’hypertension.
Deux effets reviennent plus souvent que sous placebo. Les œdèmes des jambes ou des chevilles touchent 2,8 % des participants à une prise et 4,5 % à deux prises, contre 0,6 % sous placebo. L’hypertrichose, une pousse de poils en dehors du cuir chevelu, concerne 2,2 % et 9,0 % des participants. Très peu ont arrêté l’essai pour ces raisons.
Pourquoi ce résultat compte pour les hommes qui perdent leurs cheveux #
Le laboratoire présente le VDPHL01 comme le premier traitement oral non hormonal qui pourrait être approuvé par l’autorité américaine du médicament contre la calvitie masculine depuis près de trente ans. C’est une affirmation de l’entreprise, qui reste à confirmer par l’autorité elle-même.
Le résultat confirme une étude précédente, la « 302 », dont la première partie avait été annoncée positive en avril 2026. Comme le relève le site spécialisé Fierce Pharma, le laboratoire enchaîne donc deux succès de phase 3 sur la même indication. L’annonce a fait monter l’action d’environ 6,7 % avant l’ouverture de la Bourse le jour même, selon Investing.com repris par Yahoo Finance.
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Et pour les femmes ? #
L’essai « 304 » ne concernait que des hommes. Une étude dédiée à l’alopécie féminine, la « 306 », est en cours : ses premiers résultats sont attendus au premier semestre 2027. Les données de la seconde partie de l’étude « 302 » doivent, elles, être publiées d’ici la fin de 2026.
Peut-on y avoir accès en France ? #
Non. Le VDPHL01 est un médicament expérimental : il n’est autorisé ni aux États-Unis ni en Europe, et le communiqué ne donne aucune date de dépôt de dossier. Il faudra donc plusieurs années avant qu’il arrive, éventuellement, en pharmacie.
D’ici là, un traitement contre la chute de cheveux se discute avec un dermatologue, qui pose le diagnostic et vérifie les contre-indications. Un comprimé de minoxidil n’est pas un produit d’automédication.
Pour celles et ceux qui ne souhaitent pas de traitement, ou pour qui il ne suffit pas, le complément capillaire et la perruque restent des solutions immédiates. Ils se combinent d’ailleurs très bien avec un traitement en cours, le temps de voir si la repousse se fait.
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Questions fréquentes #
Le VDPHL01 est-il un nouveau principe actif ?
Non, c’est du minoxidil sous une nouvelle forme : un comprimé à libération prolongée, pensé pour une diffusion régulière dans la journée.
Les résultats sont-ils définitifs ?
Ce sont les résultats principaux à six mois de la phase contrôlée. L’essai dure 52 semaines : tous les participants reçoivent ensuite le traitement pendant six mois supplémentaires.
Quand sera-t-il disponible ?
Aucune date n’est annoncée. Le médicament doit encore être évalué puis autorisé par les autorités de santé, aux États-Unis puis éventuellement en Europe.



